Comment Michel Potay à la Lumière du Signe Propose de Réinventer le Monde
Et si la solution aux maux de notre société ne se trouvait pas dans les grandes réformes, mais dans un retour radical à l’échelle humaine ?
C’est la question fondamentale que pose Michel Potay à travers son concept de « petites unités » humaines. Loin d’être une théorie abstraite, c’est une proposition concrète pour échapper à l’épuisement et à la corruption des systèmes actuels.
L’Impasse des Géants : Pourquoi les Grands Ensembles nous Épuisent
Michel Potay dresse un constat sans appel : les grandes structures – nations, blocs économiques, systèmes globalisés – sont arrivées au « pied du mur ». Leur mode de fonctionnement repose sur la loi de masse et la police, une nécessité pour gouverner des millions d’individus, mais qui, paradoxalement, étouffe l’esprit.
« Les grands ensembles humains ne sont gouvernables que par lois et polices et que ça ne peut pas durer indéfiniment, parce que ça ne marche pas. »
Cette coercition externe, que Potay nomme la « loi des rats », nous prive de notre liberté spirituelle et nous maintient dans un état d’esclavage et d’imbécillisation. La globalisation, en particulier, est perçue comme l’antithèse de l’épanouissement humain, car elle empêche l’homme de se gérer par lui-même.
Le Modèle de la Petite Unité : La Souveraineté Retrouvée
Face à cette critique, la « petite unité » apparaît comme le moyen privilégié de retrouver le chemin vers l’objectif suprême : le triomphe de l’amour, du pardon et de la paix.
Ces microsociétés sont définies comme « confraternelles et souveraines ». Leur petitesse n’est pas une fin en soi, mais la condition sine qua non pour une autogestion basée sur le commun accord. Dans ces unités, la loi externe devient obsolète, car elle est remplacée par un principe bien plus puissant : la transformation intérieure de l’individu.
L’Anarkhia et l’Insurgeance : Les Moteurs du Changement
Trois concepts clés donnent toute sa force à cette vision :
- L’Anarkhia des Pénitents : L’anarkhia (absence de chef) n’est possible que dans de petites unités. C’est une société organisée où « nul ne prétend avoir un pouvoir sur l’autre ». Elle est rendue possible et maintenue par la pénitence.
- La Pénitence comme Ciment : La pénitence est l’effort constant de l’homme pour changer sa vie en bien, pour pratiquer l’amour du prochain, le pardon des offenses et l’intelligence spirituelle ou de cœur libre de tous préjugés. C’est cette vertu individuelle qui remplace la loi et garantit l’harmonie et le bonheur au sein de la petite unité.
- L’Insurgeance : Le passage des grands ensembles aux petites unités ne se fera pas par une révolution violente. Michel Potay parle d’« insurgeance » : un bouleversement radical de l’ordre social, intellectuel et moral, qui est non-violent et non-cataclysmique. C’est un mouvement qui vise à l’éclatement des grandes masses en unités libres, unies par la seule recherche du Bien.
La Confraternité d’Économies : L’Art de Bien Gérer la Société
La souveraineté des petites unités passe par une gestion interne saine, d’où l’importance de la Confraternité d’Économies. Michel Potay précise le sens primordial de ce terme :
« Que veut dire économie dans Confraternité d’Économies ? Ni l’économie des économistes, ni celle des épargnants, ni la science des ressources matérielles, de leurs valeurs marchandes et de leur commerce. C’est l’économie au sens primordial, l’art de bien gérer, d’administrer une société. »
La Confraternité est la confédération fraternelle d’un nombre indéfini de petites économies associées, dont chacune conserve sa souveraineté totale. Elle repose sur des piliers concrets :
- Gestion Dépolitisée : Chaque petite unité est une économie dépolitisée, simplement autogérée.
- Démocratie Directe : Les grands choix se font par référendum ou vote, et les gestionnaires sont révocables à tout moment.
- Circulation Libre : Un point crucial est l’absence de citoyenneté rigide et la circulation libre entre les économies. La fraternité devient une réalité vécue dans l’amour, le pardon et la paix.
Conclusion
En somme, l’appel de Michel Potay est un appel à la responsabilité individuelle et collective. Le salut de la société ne viendra pas d’en haut, mais d’une multitude de petits foyers de liberté et de vertu. Par sa propre transformation (la pénitence), l’homme crée un cadre social (la petite unité) et sociétal (la Confraternité d’Économies) lui permettant de vivre enfin sans la contrainte de la loi.
C’est une vision puissante qui nous invite à construire des foyers de vie libres, souverains et profondément humains.
Références pour Aller Plus Loin
- [1] Michel Potay. Blog, entrée n°248, Caïphe.
- [2] Michel Potay. #127 où_en_sommes_nous?.
- [3] Michel Potay. 144_sacraliser_le_désacralisé.
- [4] Michel Potay. 177 anarkhia des pénitents.
- [5] Michel Potay. 180 Confraternité d’Économies.


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