Autarcie spirituelle : une source intérieure
Dans Le Signe, comme dans l’enseignement de Frère Michel qui en découle, se trouve un appel constant à ce que l’on peut nommer une autarcie spirituelle, à condition de la comprendre correctement. Il ne s’agit ni d’isolement, ni de repli, ni de fermeture sur soi, mais de la reconnaissance que l’être humain porte en lui-même une source spirituelle essentielle, suffisante pour entrer en relation avec la Vie, l’Amour, le Tout, sans dépendre d’un système intermédiaire.
L’humanité n’est pas pensée comme une masse à uniformiser, ni comme une juxtaposition d’unités enchaînées à la loi ou à la doctrine, mais comme une réalité composée d’entités libres, chacune responsable de sa propre vie spirituelle et morale. La politique, lorsqu’elle devient légaliste et uniformisante, comme la religion lorsqu’elle se structure en autorité, tend à produire une unité extérieure, imposée, impersonnelle. Cette unité-là est explicitement refusée.
L’autarcie dont il est question ici est une autarcie spirituelle. Elle renvoie à une capacité intérieure : celle d’un être humain qui se tient, qui vit et agit à partir de l’amour fraternel, sans se dissoudre dans les systèmes, sans laisser sa parole, ses choix et sa manière de vivre être absorbés par des cadres massifs, abstraits et uniformisants. Cette autarcie ne nie pas le monde ; elle empêche simplement que l’homme y abdique sa responsabilité.
Elle est dite originelle parce qu’elle précède les systèmes. Elle constitue un état premier de l’homme, antérieur aux constructions politiques, sociales ou institutionnelles. Elle ne se conquiert pas contre d’autres hommes ; elle se retrouve. Elle ne s’oppose pas au monde ; elle protège l’homme de la perte de soi dans le monde. L’unité recherchée n’est donc pas fabriquée de l’extérieur, par un appareil idéologique ou religieux, mais conférée par l’action de l’amour au cœur de chaque être humain.
Frère Michel met ainsi en garde contre une tentation récurrente : croire qu’un monde devenu invivable devrait être corrigé par un autre système supposé meilleur. Cette logique détourne de l’essentiel. Son enseignement ne cherche pas à réparer le monde par des structures, mais à empêcher que l’homme s’y perde. Il n’appelle ni à une réforme ni à un combat frontal, mais à quitter cette direction. Renaître par la pénitence — entendue comme un retournement intérieur — conduit à une reconnexion progressive avec les autres, avec la nature, avec la création, et rétablit la responsabilité personnelle.
Citation de référence
« Chaque homme doit être laissé dans son autarcie originelle construite sur l’amour, non dans une communion mystique. Si nous ne perdons jamais ce fil conducteur nous resterons dans la ligne d’Enseignement que nous donne la Parole d’Arès, nous réussirons notre mission prophétique, nous bâtirons lentement mais sûrement, de génération en génération, ce que la philosophie a parfois appelé la cité des fins. »
Blog, entrée n°210, « Ce que je crois », vendredi 9 août 2019 – Réponse de Mikal au commentaire n° 65


Une réponse
L’autarcie dont il est question ici est une autarcie spirituelle. Elle renvoie à une capacité intérieure : celle d’un être humain qui se tient, qui vit et agit à partir de l’amour fraternel, sans se dissoudre dans les systèmes, sans laisser sa parole, ses choix et sa manière de vivre être absorbés par des cadres massifs, abstraits et uniformisants. Cette autarcie ne nie pas le monde ; elle empêche simplement que l’homme y abdique sa responsabilité.