Confraternités d’économie

Cet article rassemble ce que nous avons redécouvert sur la Confraternité d’Économies à partir des textes de Frère Michel, notamment l’entrée 180 de son blog. C’est ici que nous étudions ensemble la vision qui fonde notre réflexion collective. Frère Michel ne parle pas simplement de « fraternité » au sens affectif ou spirituel. Il emploie le mot « confraternité » pour désigner une forme nouvelle de société humaine : une multitude de petites unités autonomes, appelées « économies », qui choisissent de s’unir fraternellement, sans structure rigide, sans autorité centralisée, afin de changer le monde ensemble.

Plusieurs citations ont marqué nos échanges. Frère Michel précise que l’économie doit être comprise au sens primordial : l’art de bien gérer, d’administrer une société. Il parle de la fragmentation des grandes masses nationales politisées en petites économies dépolitisées, simplement autogérées, et appelle à préparer l’éclatement des grandes nations en petites unités. Il affirme que la liberté la plus grande ne peut exister que dans des petites unités humaines. Il insiste aussi sur la liberté laissée à chaque économie de choisir sa propre socialité : employeurs indépendants, coopératives, systèmes d’économie distributive, ou d’autres formes encore. Enfin, une phrase centrale traverse l’ensemble de cette réflexion : l’évolution spirituelle devra précéder l’évolution sociale, et non l’inverse.

Frère Michel dit clairement que nous sommes appelés à être l’amorce de cette Confraternité d’Économies. Il ne s’agit pas de la réaliser immédiatement ; il précise lui-même que quatre générations n’y suffiront peut-être pas. Notre rôle est d’en porter le témoignage, de montrer qu’une autre voie est possible. Il a lui-même effectué un voyage d’étude dans les petits cantons suisses afin d’observer le fonctionnement de ces petites unités souveraines. Il parle de « glisser par les seuls canaux autorisés » vers la souveraineté de petites unités indépendantes. Il ne s’agit pas d’une rêverie, mais d’une démarche patiente, réfléchie et incarnée.

Un point essentiel est ressorti de nos échanges : nous ne verrons probablement pas l’aboutissement de cette vision. Plusieurs frères et sœurs l’ont exprimé clairement. La confraternité d’économies n’est pas pour demain, et même quatre générations n’y suffiront peut-être pas.
Notre rôle n’est pas de voir l’aboutissement, mais d’amorcer quelque chose et de préparer un terrain. Nous sommes dans un temps long, très long, et il est important de ne pas se mettre une pression de résultats.

Frère Michel dit explicitement que quatre générations n’y suffiront peut-être pas. Notre rôle n’est donc pas de « réussir » un modèle finalisé, mais d’être l’amorce, de témoigner qu’une autre voie est possible et de préparer le terrain pour ceux qui viendront après nous. Même si cela échoue, le témoignage demeure.

L’idée que la Confraternité d’Économies n’est pas un projet à côté de notre vie spirituelle. Elle en est le prolongement naturel. La pénitence — l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur, la liberté absolue — ne peut être idéalement vécue que dans de petits groupes humains où les personnes se connaissent réellement. C’est pour cette raison que Frère Michel parle de petites unités.

Nous avons également compris que nous ne sommes pas seuls à chercher cette voie. Partout dans le monde, des initiatives naissent : coopératives, écovillages, monnaies locales, habitats participatifs. Elles ne portent pas toujours le même nom, elles ne partagent pas toujours la même foi, mais elles portent le même désir : vivre autrement, à taille humaine, dans la dignité et la fraternité.

Ces textes ont fait naître de nombreuses questions. Comment se prépare concrètement une telle vision ? Quel rôle pour les Pèlerins d’Arès dans ce projet ? Parle-t-on de notre avenir ou de celui de générations futures ? Comment ne pas tomber dans une utopie hors-sol ?

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